Sur le papier, la densité médicale alsacienne reste correcte. Sur le terrain, il y a des vallées où l'on attend six mois un rendez-vous et des villages où le dernier généraliste a soixante-six ans.
À 6h20, sur le quai, personne ne se parle. Ils font ce trajet depuis des années, certains depuis vingt ans. Ils vont travailler dans un pays où ils ne vivent pas, et vivent dans un pays où ils ne travaillent pas.
Derrière les winstubs et bistronomiques d'Alsace se cache une crise silencieuse : la pénurie de personnel désorganise les services et fragilise tout un secteur moteur de l'économie touristique.