Ce dimanche, l'église catholique Saint-Étienne de Mulhouse a été la cible d'une profanation qui a choqué bien au-delà de la seule communauté des croyants. Confessionnaux éventrés, autel profané : cet acte de destruction n'est pas un simple fait divers. C'est une attaque frontale contre nos racines, notre identité alsacienne et le socle même de notre civilisation.

La découverte a glacé le sang des paroissiens mulhousiens. Ce dimanche, l’église Saint-Étienne, véritable joyau néo-gothique souvent surnommé la « cathédrale de Mulhouse », a été retrouvée dans un état de saccage innommable. La croix de l'autel, symbole suprême de la foi chrétienne, a été arrachée et jetée à terre. Les confessionnaux, lieux d'intimité spirituelle et de paix, ont été littéralement éventrés. Le constat est amer : le lieu a été méthodiquement vandalisé.

Face à ce désastre, il convient de poser les mots justes. Les autorités ou certains médias nationaux parleront sans doute avec pudeur d'un banal « acte de vandalisme » ou d'incivilités. Pour nous, Alsaciens, il n'en est rien. Il s'agit d'une profanation, d'une atteinte délibérée à ce qui fait le cœur battant de notre communauté.

Plus qu'un bâtiment, une part de notre âme

On ne touche pas impunément à nos lieux de culte. L'église Saint-Étienne n'est pas qu'un simple assemblage de pierres au cœur de Mulhouse. Elle est le témoin silencieux des joies et des peines de générations d'Alsaciens. Elle incarne notre héritage, notre patrimoine architectural et, plus profondément encore, notre identité charnelle. S'en prendre à elle, c'est piétiner impunément la foi de milliers de fidèles, mais c'est aussi cracher sur l'histoire de notre région.

Dans ces moments de stupeur et de tristesse, la rédaction de Rot un Wiss tient à apporter son soutien inconditionnel au curé de la paroisse, le Père Pascal Boulic, ainsi qu'à l'ensemble des fidèles mulhousiens meurtris par cet outrage. Leur douleur est la nôtre.

Le respect n'est pas négociable

Il est grand temps de sortir du déni et d'exiger une fermeté absolue. Trop, c'est trop. Nos églises, nos chapelles, nos calvaires qui jalonnent la plaine et les vallées d'Alsace ne sont pas des cibles ni des défouloirs pour individus en perte de repères. Ils sont le socle de notre culture. Ils méritent, à ce titre, un respect inébranlable et une protection sans faille de la part des pouvoirs publics.

Nous exigeons que la justice fasse toute la lumière sur cet acte odieux et que le ou les responsables répondent de leurs gestes avec la plus grande sévérité. La tolérance face à la destruction de nos symboles culturels et religieux a atteint ses limites. L'Alsace a toujours été une terre de respect, de travail et de foi. Nous ne laisserons personne saccager ce que nos aïeux ont bâti.

Müller