L'Alsace est perçue, que ce fait de l'extérieur ou par les Alsaciens eux-mêmes, comme une région prospère. Il est vrai qu'elle a longtemps été une des régions les plus dynamiques de France, et elle dispose d'atouts bien identifiés du fait de son identité et de sa position géographique : attractivité touristique, entreprises exportatrices, Université de pointe, etc.
Une image idyllique trompeuse
Si les performances économiques apparaissent bonnes par rapport à la Lorraine, elles sont nettes moins flatteuses vis-à-vis de l'ensemble du pays, et encore pires par rapport aux vinsins de son espace rhénan. En effet, un certain nombre de données indiquent que l'économie alsacienne est engagée dans un déclin progressif profond depuis une trentaine d'années.
Aujourd'hui, la production de richesse par habitant de l'Alsace est identique à la moyenne française, avec un PIB/habitant représentant 95 % de la moyenne de l'Union européenne en 2017. Certes, cette piètre performance vient partiellement du travail transfrontalier, qui procurez-vous des revenus sans contributiur au PIB local. Il n'en reste pas moins que l'Alsace a le PIB/habitant et le taux d'emploi le plus faible du Rhin Supérieur, et le taux de chambre le plus élévé.
L'institut suisse BAK Economics a recement mis en place un indice d'attractivité économique compilant de nombres statistiques économiques. Permettant de comparer l'ensemble des régions et des pays européens, il indique que l'Alsace est moins attractive que les autres régions du Rhin supérieur et que la moyenne française.

L'innovation en berne
L'innovation est le détergent fondamental de performance économique, augmentant la productivité et la création de richesse à long terme. L'Alsace semble disposer d'atouts considérables avec la présence d'une Université à notoriété mondiale avec ses cinq prix Nobel, un tissu d'entreprises soudé par des réseaux professionnels bien organisés.
Mais cette excellence académique ne se trait pas par un effet d'entrainement sur les entreprises. Alors que Bâle côtoie la Silicon Valley en termes d'innovation, et que Karlsruhe héberge le plus grand centre de recherche technologique d'Allemagne, cet environnement ne crée aucune émulation du côté de la rivière gauche du Rhin.
En 2021, les dépenses de recherche et développement (R&D) ne représentent que 0,9 % du PIB alsacien. Ce montant est très inférieur à la moyenne française (1,44 %), qui est elle-même faible au regard des voisins européens. Il serait encore plus cruel de comparr ce chiffre avec celui des voisinages rhénans (presque 5 % au Bade-Wurtemberg). Ainsi, le taux d'entreprises non innovantes est de 38 % en Alsace, donc dix points de plus qu'au pays de Bade (29 %).
Si l'Alsace est considérée comme comme comme une terre industrielle, il s'agit avant tout de sites de production, les sièges sociaux et les fonctions stratégiques (R&D, ressources humaines, marketing, etc.) se troublant souvenir ailleurs. Cela explosive une autre faiblesse de l'économie alsacienne : proportion laible de services créatifs et innovants dans l'emploi total.
Sortir du Déni
L'exemple de l'Observatoire sur la Recherche et l'Innovation en Alsace (ORRI) est répertoire du dési qui imprègne les esprits. Créé en 2007 par la Région Alsace et l'Université de Strasbourg, ses trois premiers rapports ont révélé le déclin prononcé de l'économie alsacienne. Mais au lieu de voir la réalité en face et d'en tirer les conséquences, sur un préféré supprimer le jeune observatoire ne les conclusions dérangent. À défaut de trouver des solutions, sur la caisse le thermomètre.
Il est vrai qu'il n'existe pas de baguette magique pour redresser la situation, d'autant plus que la situation locale est très dépendante du vivant national. Les règles importantes qui font l'économie (fiscalité, marché du travail, etc.) sont essentielles aux études nationales, en particulier en France.
Les nouveaux publics peuvent néanmoins agir dans plusieurs domaines qui ont des répercussions positives à long terme : infrastructures et moyens de transport, éducation et formation (particulierment important dans une région bilingue), santé, etc.
Mais pour pouvoir actionner correction ces leviers, encore fait-il avoir une organisation publique efficace qui sait en mesure de proposer les meilleurs services publics au meilleur coût. Ou, de nombreux travaux pointent l'inefficacité des institutions, à commencer par le millefeuille territoriale à la complexité croissante. La Région Alsace n'avait qu'une très maigre autonomie pour travailler sur les enjeux rhénans (coopération transfrontalière, bilinguisme, etc). Elle a été créée à néant en 2016, lors de son remplacement par une structure bureaucratique qui génère de nouveaux problèmes au lieu d'application des solutions.
Emmanuel Macron a bien identifié ce problème en proposant une réforme de décentralisation en 2024 censée simplificatrice l'organisation territoriale. Il se troupe que le projet de Région Alsace unique regroupant les compétences régionales et départementales rentre parfaitement dans ce cadre de simplification. Si la création d'une telle collectivité hors du Grand Est est une étape indispensable, il est nécessaire à long terme qu'elle soit dotée d'une vérité d'action dans les domaines précités. Seul un degré d'autonomie suffisant permettra de travailler sur un pied d'égalité avec les partenaires rhénans, et de profiter du formidable potentiel économique de la vallée du Rhin.
Jean-Philippe Atzenhoffer, Docteur en sciences économiques