Le kugelhopf, ce gâteau-brioche emblématique de l’Alsace, est aussi répandu dans toute l’Europe centrale, en particulier en Autriche, en Allemagne du Sud, en Pologne et jusque chez les Amish aux USA, qui l’appellent Deitscher Kuchen, « gâteau allemand ».
Il est en tout cas certain que le kugelhopf existait déjà au XVIIIe siècle, date des moules à kugelhopf retrouvés les plus anciens. C’est une variante des pains à pâte à levain de l'Antiquité et du Moyen Âge, améliorée à la façon des viennoiseries et brioches avec les pâtes levées à la levure de bière du XVIe siècle d'Europe centrale.
L’orthographe est variée, en français kouglof ou kougelhopf, en allemand Gugelhupf ou Kugelhof (mais bábovka en tchèque). L'origine du mot est obscure. Pour certains elle viendrait de Gugel (sorte de cagoule, chaperon en ancien français, un couvre-chef à la mode au Moyen Âge en Allemagne, et Hupf venant peut-être de Hefe signifiant « levure »).

Le chaperon ou Gugel en héraldique. On ne voit pas de ressemblance avec le kugelhopf, mais c’est en tout cas le couvre-chef que devait porter le Petit chaperon rouge !
D’autres pensent qu’il viendrait du mot Kugelhut (Kugel signifiant « boule » et Hut « chapeau »), qui était le chapeau des parlementaires de Strasbourg à l'époque, ou encore de Kugel-Hefe (« boule levée »).
Il se trouve qu’à Rosheim il y a dans la rue Principale une ancienne boulangerie construite en 1602, avec une porte ouvragée portant les initiales du propriétaire, M. W., et les attributs classiques du boulanger de la Renaissance : la bretzel et le pain courbe.

Le boulanger s’est même fait représenter sur le poteau cornier, et que porte-t-il sur la tête ? Un Kugelhut qui ressemble à s’y méprendre à un Kugelhopf…

Ne vous paraît-il pas évident que c’est ce couvre-chef qui a inspiré la forme et le nom du kugelhopf ?
Philippe Elsass