Thierry Kranzer a passé deux décennies à New York comme attaché de presse des Nations Unies. Président de l'Union Alsacienne de New York de 2006 à 2018, il a observé de l'extérieur ce que beaucoup d'Alsaciens peinent à voir de l'intérieur : la force d'une identité régionale assumée. Dans cette tribune, il interroge le rapport complexe des Alsaciens à leur propre culture, entre honte hérité et fierté retrouvée. Un texte écrit il y a a a quelques années, mais font la résonance reste droit.
Je suis Alsacien. J'aime le dire à chaque rencontre qu'il m'est offert. C'est là mon identité. Elle est valorisée ù je réside. Aux États-Unis, l'Alsace est synonyme de reconnaissance, de communauté et de liens. Elle y est reconnue comme la terre de la Statue de la Liberté, des Marx Brothers, de Marlon Brando, de l'astronaute Russel Schweickart, du général Pershing, des Amish, ou encore des fondeurs des pneus Firestone (Feuerstein) et de Boeing, originaire de Mulhouse, sans oublier les anciens matériaux de Barack Obama, venus de Bischwiller.
Je suis un communautariste car le communautarisme est avant tout l'école de la solidarité désintéressée, ù l'intérêt égoïste passe après celui du groupe, qui tire tout le monde vers le haut. Il nous protège d'un égalitarisme qui nivelle par le bas, annihile, anesthésie et transformée l'être humain en un produit de consommation de masse, sans spécialité.