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# Pourquoi l'Alsace a besoin d'une presse qui ne doit rien à personne
- URL: https://www.rotunwiss.com/pourquoi-lalsace-a-besoin-dune-presse-qui-ne-doit-rien-a-personne/
- Published: 2026-08-01T09:36:00.000Z
- Updated: 2026-09-17T18:45:06.000Z
- Description: Un média régional financé par la publicité, détenu par un groupe national, piloté depuis ailleurs : peut-il encore parler de l'Alsace ? Notre réponse tient en une phrase et un engagement.
- Author: Rot un Wiss
- Tags: Tribunes

> Il y a une question que personne ne pose jamais à voix haute dans les rédactions régionales, et c'est pourtant la seule qui compte : **qui paie ?**  
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> Pas par cynisme. Parce que la réponse détermine tout le reste — les sujets qu'on traite, ceux qu'on repousse à plus tard, et ceux dont on décide, sans jamais l'écrire nulle part, qu'ils ne sont « pas pour nous ».Ce qui s'est passé  
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> La presse quotidienne régionale française a vécu en trente ans une concentration sans équivalent dans les autres secteurs culturels. Des titres nés dans leur ville, portés par des familles locales, ancrés dans un territoire qu'ils connaissaient mieux que personne, sont devenus les filiales de groupes dont le siège est à Paris, à Lyon, ou ailleurs.  
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> Ce mouvement n'est pas un complot. C'est une conséquence. Les recettes publicitaires se sont effondrées, le lectorat papier a vieilli, les coûts d'impression et de distribution sont restés. Face à ça, la concentration était une réponse rationnelle : mutualiser les services, partager les pages communes, réduire les rédactions locales.  
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> Rationnelle, et coûteuse.  
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> Parce qu'un journal qui mutualise ses pages « France » et « Monde » avec six autres titres se retrouve, en pratique, à produire uniquement du local. Et comme les effectifs locaux ont fondu en parallèle, il produit du local **plus vite, avec moins de monde, et en évitant soigneusement ce qui prend du temps.**  
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> Ce qui prend du temps, c'est l'enquête. Le dossier qu'on porte trois semaines. Le sujet dont on sait qu'il va fâcher un annonceur, une collectivité, un club, une fédération.Ce que ça donne concrètement  
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> Un lecteur alsacien a aujourd'hui accès à une quantité considérable d'informations de proximité : les conseils municipaux, les résultats sportifs, les animations, les faits divers, les nécrologies. C'est un service réel, et il ne faut pas le mépriser.  
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> Mais posez-vous la question : quand avez-vous lu, dans la presse régionale, une enquête de fond sur le financement d'une collectivité alsacienne ? Sur les arbitrages de la Collectivité européenne d'Alsace ? Sur les conditions de travail dans un grand employeur local ? Sur ce que devient vraiment l'enseignement bilingue, chiffres en main, année après année ?  
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> Ce n'est pas que ces sujets n'intéressent personne. C'est qu'ils coûtent cher et rapportent peu.Le problème alsacien en particulier  
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> À cela s'ajoute, chez nous, une difficulté propre.  
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> L'Alsace est un territoire dont l'histoire, la langue, le droit et les institutions échappent largement aux grilles de lecture nationales. Le droit local — sécurité sociale, régime des cultes, jours fériés, régime foncier — est régulièrement présenté dans les médias parisiens comme une curiosité, voire une anomalie. Le dialecte est traité comme du folklore. La question institutionnelle est réduite à une revendication identitaire.  
>  
> Un journaliste qui couvre l'Alsace depuis une rédaction nationale peut être excellent et rester à côté du sujet, simplement parce qu'il n'a pas les clés. Ce n'est pas un procès, c'est une réalité de métier.  
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> **Il faut être d'ici pour comprendre pourquoi une histoire de panneau bilingue n'est jamais une histoire de panneau.**Ce que nous faisons  
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> Rot un Wiss est financé par ses lecteurs. Uniquement.  
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> Pas de groupe propriétaire. Pas d'actionnaire à rémunérer. Pas de dépendance à un annonceur dont il faudrait ménager les intérêts. Pas de subvention conditionnée à quoi que ce soit.  
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> Ce modèle a un inconvénient évident : il est fragile. Il dépend entièrement du nombre de personnes qui estiment que ce travail vaut quelques euros par mois. Nous n'avons aucun filet.  
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> Il a un avantage décisif : **nous ne devons rien à personne d'autre qu'à vous.**Nos engagements  
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> Quatre, et ils sont vérifiables.  
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> **1\. Nous nommons nos sources.** Quand nous citons un chiffre, nous disons d'où il vient. Quand nous ne pouvons pas nommer quelqu'un, nous expliquons pourquoi.  
>  
> **2\. Nous publions nos erreurs.** En bas d'article, datées, sans les effacer. Un média qui ne se corrige jamais est un média qui ne vérifie rien.  
>  
> **3\. Nous séparons les faits de l'opinion.** Nos tribunes sont signalées comme telles. Nos enquêtes ne contiennent pas d'éditorial déguisé.  
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> **4\. Nous écrivons en français et en allemand.** Parce que l'Alsace se pense dans les deux langues, et qu'un média alsacien qui l'ignore se coupe d'une partie de son histoire et de ses lecteurs.  
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> Nous ne prétendons pas remplacer la presse régionale existante, qui fait un travail que nous serions incapables de faire.  
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> Nous prétendons faire ce qu'elle ne peut plus faire : **prendre le temps.**  
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> Si cela vous paraît utile, la suite dépend de vous.